Trois ans et l'envie revient. Pas d'autres explications.
J'avais dit, et MERDE, j'ai sauté. Ma peur était-elle justifiée? Non.
Je n'avais aucune maitrise du sujet. Simplement lu des bouquins, partagées des expériences, vu des telenovelas bidons et j'en parlais comme si j'avais imaginé l'épreuve.
Au final, la rupture en soi, n'est pas si dure. On veut faire les choses en douceur. C'est vrai, il est parfois possible, et tout est une question de timing et de chance, une page peut se tourner à la seule force du vent. Le fait est que dans la plupart des situations c'est à la main que revient la tâche de tourner les pages, d'une manière affirmée, avec une volonté ferme.
J'ai attendu que le vent tourne... J'ai tout fait pour. Après avoir relu la page des milliers de fois, je me suis lassée. J'étais attachée à ce passage dont je connais les moindres mystères. Mais quand on arrive à la fin et qu'on remonte automatiquement vers le haut de cette page, on a de plus en plus de mal à relire le passage et de moins en moins d'envie.
Le jour où ... la page s'est tournée. Vous voulez savoir ? J'ai d'abord cherché, avec 50% de mes moyens à retourner la page dans l'autre sens. Je me suis rapeller, tous les moindres passages, j'ai sauté ceux qui me plaisait le moins. J'ai plongé la tête la première dans un déni innommable. Heureusement, la porte était scellée. Je dis heureusement, car le voile de la brutalité embrumait mes réels désirs.
Pendant ces trois ans, rêveuses, je pensais, le sourire aux lèvres, au reste du livre. Je parlais à l'encre, et je lui disais, j'aimerais tellement me glisser derrière les pages, les enchainer, déchirer cette vieille page et la jeter aux oubliettes. Et maintenant que c'était le cas, que cette page n'existât plus que dans le passé, je cherchais à la retrouver.
Maintenant, j'écris ma vie, le destin reste présent, il tombe parfois des mots, des phrases et même des images dont je n'ai pas le contrôle. Mais le synopsis principal, j'en suis la maîtresse. Et gourmande de ce plaisir je ne retournerais en arrière pour aucune raison. Le souvenir de cette page est à la fois ma faiblesse principale, mais une source de force et une expérience enrichissante.
Les notes de musiques s'enchainent gracieusement sur la portée du temps, et le pincement au coeur de l'hésitation n'est plus qu'un mauvais souvenir.
Je ne blâme pas l'amour, je ne le renie pas. J'ai besoin d'autre chose, et j'apprends à aimer la vie de tout mon être, du haut de mon mètre soixante-seize, avec moi passée, mais surtout ... Un futur qui se dessine doucement au loin et qui me laisse brûlante d'envie .... DE VIVRE.
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